
Une joie de vie inébranlable
Dans l'est de la République démocratique du Congo, des combats opposent depuis des décennies l'armée gouvernementale et plusieurs milices lourdement armées. Au cours du premier semestre de cette année, la situation s'est une fois de plus aggravée. L'offensive de la milice M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu a semé la mort, le pillage et la violence sexuelle dans la région. Conséquence : une nouvelle crise humanitaire.
Par conséquent, environ 70'000 Congolais ont fui vers le Burundi. Environ 20'000 d'entre eux ont atterri dans le camp de réfugiés de l'UNHCR (l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés) à Giharo. Ils viennent s'ajouter aux 30'000 Congolais qui s'étaient déjà réfugiés ici auparavant. Le Burundi, l'un des pays les plus pauvres du monde, doit relever de nombreux défis. C'est d'autant plus remarquable de la part de notre équipe au Burundi d'avoir pris l'initiative de travailler avec ces réfugiés.
Tout manque…
Le camp se divise en deux zones : la partie la plus ancienne, constituée de petites maisons en pierre, existe depuis de nombreuses années. Les gens y sont relativement bien installés, même si la vie est toujours difficile. La situation est cependant tout autre dans la partie récente du camp. Les nouveaux arrivants vivent dans des tentes collectives, entassés, sans intimité et avec seulement le strict nécessaire pour survivre.
Un pasteur qui a fui le Congo nous montre son « logement » : deux minuscules pièces, bricolées comme il se peut à partir de bâches de tente, à peine plus grandes qu'un abri de jardin. Il y vit avec sa femme et ses deux enfants, dont l'un n'a que quelques semaines. La question se pose : « Comment peut-on vivre ainsi sans perdre espoir ? »
C'est là qu'intervient le soutien d'ACP, sous différentes formes. Notre équipe apporte une aide concrète et spirituelle aux habitants du camp de réfugiés. Cela comprend notamment la distribution de nourriture et d'articles d'hygiène pour les femmes, la réparation de vêtements, des cours de couture, des coupes de cheveux, des programmes pour les enfants, des prières communes et des cultes.
Simple mais efficace
Juste à côté du camp, ACP a construit un bâtiment sommaire : ossature en acier, revêtement en tôle ; une construction simple, aussi simple que possible. Mais quand on y entre, tout change : chants, rires et joie de vivre. Il y a de la musique, des gens qui dansent et sautent en l'air. Ils chantent « Hakuna Mungu kama wewe » (Aucun Dieu n'est comme toi). Un refrain qui reste en tête, car il exprime tant de choses. Malgré la pauvreté, la fuite et l'insécurité, Dieu est le plus grand !
Louer Dieu avec de la musique
La salle est plus qu'un simple bâtiment. C'est à la fois un atelier de couture, un salon de coiffure, un centre communautaire et une église. C'est un refuge, un peu de normalité au milieu du chaos. Les gens mettent leurs plus beaux habits pour échapper quelques heures à la dureté du quotidien. Le dimanche, jusqu'à 600 personnes s'y retrouvent pour le culte du matin, et 300 autres les rejoignent l'après-midi. Neuf pasteurs et deux évangélistes se partagent le travail. En semaine, deux fois par jour, des moments de recueillement sont organisés, accompagnés d'une musique de louange congolaise très vivante.
ACP fournit le générateur pour les micros et les instruments, mais les réfugiés paient eux-mêmes le carburant. Tous essaient d'apporter leur contribution afin de pouvoir faire de la musique, danser et faire la fête ensemble. L'initiative dont font preuve les réfugiés est impressionnante.
La joie de donner
Beaucoup de Congolais parlent swahili, l'une des principales langues d'Afrique de l'Est. Ciza, directeur régional d'ACP Burundi, a très vite appris cette langue. Après seulement quelques semaines, il s'adresse à la communauté locale comme s'il l'avait toujours fait. Ciza s'est installé temporairement à proximité du camp et ne voit sa famille qu'une semaine de temps en temps. Afin qu'il puisse améliorer son logement et faire venir sa famille, les réfugiés lui ont cuit des briques.
À son échelle, l'équipe contribue à la préservation de la dignité humaine, en particulier pour ceux qui n'avaient souvent rien d'autre que les vêtements qu'ils portaient sur eux lorsqu'ils ont dû fuir.
« Merci de nous avoir donné cet endroit », déclare le pasteur congolais qui nous montrait son logement plus tôt. « Ici, nous pouvons redevenir des êtres humains et oublier un instant notre détresse. » Cette déclaration résume bien le sens du travail accompli par ACP Burundi auprès des Congolais : nous ne nous contentons pas de subvenir à leurs besoins, nous leur redonnons aussi espoir.



